Le THM,
huit questions
pour voir clair
Ce que la science dit aujourd’hui du traitement hormonal de la ménopause — sans détour, sans sur-promesse.
La question de départ
Qu’est-ce que le THM ?
Le traitement de première intention recommandé par les sociétés savantes pour les femmes en (péri)ménopause symptomatique.
La périménopause et la ménopause correspondent à une carence progressive en œstrogènes. Il existe des récepteurs à l’œstrogène dans presque chaque système d’organe — cerveau, cœur, os, muscles, peau, articulations, sphère urogénitale — ce qui explique la grande variété des symptômes, visibles (bouffées de chaleur, sommeil) ou silencieux (perte osseuse, profil cardiovasculaire).
Le THM consiste à combler ce déficit par des hormones, à des dosages proches de ceux que produisait naturellement l’organisme.
Recommandé — en l’absence de contre-indication — par le CNGOF, le GEMVI, la NAMS, l’IMS et la BMS.
Ce qui amène en consultation
- Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
- Troubles du sommeil
- Douleurs articulaires
- Sécheresse, inconfort intime
Ce que l’on traite, dans la durée
- Perte osseuse, ostéoporose
- Profil cardiovasculaire
- Masse et force musculaire
- Atrophie génito-urinaire
Les symptômes qui dérangent ne sont que la partie visible — le THM agit sur les deux.
La vitamine D complète la protection osseuse du THM — guide dédié →
Composition
De quoi est-il composé ?
Deux hormones, à des rôles bien distincts.
L’œstrogène (estradiol) — l’hormone principale, qui traite les symptômes et protège contre les risques à long terme.
La progestérone — indispensable si vous avez encore votre utérus : elle protège l’endomètre d’une stimulation excessive par les œstrogènes.
En France, les formulations privilégiées sont l’estradiol transdermique (patch, gel) et la progestérone naturelle micronisée — un profil différent des hormones de synthèse orales étudiées dans les années 2000.
Une confusion fréquente : le THM n’a pas les mêmes effets secondaires que la pilule — ce n’est ni le même dosage, ni le même objectif.
Modalités
Comment faut-il le prendre ?
Systémique ou local, selon ce que vous ressentez.
THM systémique (patch, gel) — symptômes dans le corps entier : bouffées de chaleur, sommeil, articulations, os.
THM local (crème, anneau, comprimé vaginal) — symptômes génito-urinaires seuls : sécheresse, infections urinaires à répétition.
Il n’y a pas de durée maximale imposée. Le traitement est maintenu tant que les symptômes persistent, à la dose minimale efficace, avec une réévaluation annuelle de la balance bénéfice/risque.
Le discours français a longtemps insisté sur la « durée la plus courte possible » ; les sociétés savantes britanniques (comme la nôtre aujourd’hui) retiennent plutôt l’absence de durée maximale arbitraire, avec une réévaluation annuelle — même logique, formulation plus rassurante.
Les tissus cardiovasculaires et cérébraux conservent, pendant cette période, une meilleure sensibilité aux hormones.
Une question fréquente
Peut-on commencer tard ?
Oui, mais l’évaluation est plus approfondie — ce n’est jamais un refus automatique.
Après 10 à 15 ans de carence œstrogénique non traitée, en particulier après 65 ans, le terrain a souvent évolué : risque cardiovasculaire, insulinorésistance, cholestérol et tension artérielle peuvent déjà être modifiés — indépendamment de tout traitement. Commencer tard ne change pas le bénéfice attendu sur les symptômes, mais demande un bilan préalable plus complet.
Si le terrain n’est pas évalué
- Risque cardiovasculaire déjà élevé
- Insulinorésistance, cholestérol
- Bénéfices réduits, risques accrus
Avec une évaluation individualisée
- Bilan cardiovasculaire et métabolique
- Évaluation mammaire à jour
- Décision partagée, surveillance adaptée
La vraie question n’est pas l’âge seul, mais quand, chez qui, avec quelles molécules et pour quel objectif. Chaque femme est unique ; chaque décision doit l’être aussi.
Bénéfices documentés
Quels sont les avantages ?
Débuté dans la fenêtre d’opportunité, le THM agit sur plusieurs fronts à la fois.
de réduction des bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
la perte osseuse ; risque de fracture réduit
qualité de vie sexuelle, sécheresse vaginale
Le THM réduit aussi les douleurs articulaires liées à la carence œstrogénique, et s’accompagne d’un profil cardiovasculaire et métabolique plus favorable (WHI reanalysis, Rossouw et al. 2007 ; DOPS, Schierbeck et al., BMJ 2012) — sans constituer, à lui seul, une indication de prévention cardiovasculaire.
En novembre 2025, la FDA a retiré les avertissements « boîte noire » cardiovasculaire, cancer du sein et démence probable des THM, jugeant les craintes issues de l’étude WHI (2002) surévaluées.
Le risque cardiovasculaire féminin mérite un guide à lui seul — Cœur & Ménopause →
À regarder en face
Quelles sont les considérations ?
Le surrisque observé dans l’étude WHI (2002) concernait l’association œstrogènes oraux + progestatif de synthèse — une formulation qui n’est plus celle prescrite en France. Avec les formulations actuelles (œstrogènes transdermiques + progestérone micronisée), la cohorte française E3N-Inserm (Fournier et al.) n’a pas montré d’augmentation de risque, et une étude finlandaise de grande ampleur (Mikkola et al., 2016) rapporte une mortalité par cancer du sein réduite chez les utilisatrices de THM. Quand un surrisque existe, il reste faible en absolu : de l’ordre d’un cas supplémentaire pour 1 000 femmes traitées sur plusieurs années — comparable à une consommation régulière d’alcool.
Contre-indications absolues
- Antécédent personnel de cancer du sein ou de l’endomètre
- Pathologie thrombo-embolique non contrôlée
- Affection hépatique sévère
- Saignements génitaux inexpliqués
À évaluer avec votre médecin
- Antécédents familiaux de cancer du sein
- Mutation BRCA1 / BRCA2
- Migraines avec aura
- Thrombophilie connue
Le dépistage reste essentiel — guide Mammographie →
Dans la durée
Quel suivi ?
Un rythme simple, pensé pour ajuster sans alourdir.
- Avant de débuter — examen clinique, mammographie à jour, bilan biologique, évaluation des facteurs de risque.
- À 3 mois — premier rendez-vous de suivi, ajustement des doses.
- Chaque année — consultation de réévaluation, mammographie tous les 1 à 2 ans selon votre profil.
Dernière question
Pourquoi un suivi spécialisé change tout — même à distance.
Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur, mais dispose rarement du temps nécessaire à une prise en charge individualisée. Les délais d’accès aux gynécologues restent longs dans de nombreuses régions.
La téléconsultation spécialisée donne accès à un gynécologue expert sans contrainte géographique, à un bilan initial complet, et à un suivi coordonné avec votre médecin traitant.
Dr Hugues Geoffrion — Gynécologue, téléconsultation partout en France.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Ce que l’on nous demande souvent
Le THM fait-il grossir ?
Non : aux doses physiologiques utilisées, le THM n’est pas associé à une prise de poids. La redistribution des graisses vers l’abdomen observée à la ménopause est liée à la carence œstrogénique elle-même ; le traitement tend plutôt à la limiter.
Le THM est-il la même chose que la pilule ?
Non. Le THM utilise des hormones bio-identiques à dose physiologique pour combler un déficit ; la pilule utilise des hormones de synthèse à dose nettement plus élevée pour bloquer l’ovulation.
Combien de temps peut-on le prendre ?
Il n’y a pas de durée maximale imposée. Le traitement est maintenu tant que les symptômes persistent, à la dose minimale efficace, avec une réévaluation annuelle de la balance bénéfice/risque.
Le THM augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
Le surrisque observé dans l’étude WHI concernait des œstrogènes oraux associés à un progestatif de synthèse. Avec l’estradiol transdermique et la progestérone micronisée utilisés en France, la cohorte E3N n’a pas montré d’augmentation de risque. Quand un surrisque existe, il reste faible en valeur absolue.
Peut-on démarrer un THM en téléconsultation ?
Oui. La première téléconsultation permet de reprendre votre histoire, vos symptômes et vos bilans ; les examens nécessaires avant de débuter (mammographie, biologie) sont prescrits et le suivi est assuré par le même médecin.
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